Le papier VS le numérique

Aujourd’hui plus que jamais l’Homme est préoccupé par la santé de la planète bleue. Et malgré nos progrès technologiques, notre belle planète ne se porte pas bien. Abandonner le papier pour le tout numérique, est-ce le remède miracle pour les maux de la Terre ?

Le papier (du latin papyrus) est une matière fabriquée à partir de fibres cellulosiques végétales. Le papier le plus ancien connu à ce jour date de l’an 8 avant J-C et a été trouvé en Chine. L’Homme et le papier c’est donc une longue histoire d’amour.

Le papier, une matière incontournable

Le papier aujourd’hui est présent partout, tout le monde en a, l’utilise et le gaspille. En 2013, la consommation mondiale de papier est estimée à 398 millions de tonnes. Présent dans la plupart, voir tous les domaines, le papier est aujourd’hui une matière incontournable. Avec les avancées technologiques et notamment l’apparition des ordinateurs, téléphones, livres électroniques ou tout autres objets numérique, beaucoup ont pensé voir le papier disparaître pour de bon. Et pourtant depuis les années 90 le papier a augmenté d’environ 2%.

Plus incroyable encore, l’informatique qui aurait dû remplacer le papier, a largement contribué à cette augmentation. Outil indispensable et complémentaire des technologies de l’information et de la communication, le papier reste le support N°1 de la communication d’entreprise. L’informatique génère un besoin croissant d’impressions et donc de papier.

Certes la consommation de papier a un peu diminué depuis l’apparition d’internet, mais est-ce une aubaine pour l’environnement ?

Le coût du numérique

S’il est facile de chiffrer la consommation mondiale de papier et donc d’évaluer son impact environnemental, c’est beaucoup plus difficile pour le numérique.

Faut bien comprendre que le numérique n’est pas si immatériel qu’on voudrait nous le faire croire, puisque pour visionner ou consulter quelque chose il nous faut un support, une tablette, un téléphone, un ordinateur… Et face au papier, ces supports sont bien plus néfastes pour notre planète.

Par exemple, le silicium est un des éléments essentiels pour l’électronique pour ses propriétés de semi-conducteur. Mais pour obtenir cet élément, il faut d’abord l’extraire des carrières de silices. Ces extractions posent de véritables problèmes d’érosion des sols et de dégradation de l’environnement autour de ces sites, sans compter qu’il faut ensuite transformer cette ressource en wafers (en électronique et micro-électronique, un wafer est une tranche, une galette ou une plaque de semi-conducteur). Cette transformation nécessite beaucoup d’énergie mais aussi beaucoup d’eau. Une usine de fabrication de wafers de 6 pouces qui produit 40 000 wafers par mois, consomme de 7,57 à 11,35 millions de litres d’eau par mois, soit entre 18 et 27 litres d’eau par cm2 de silicium.

La grande différence entre le support numérique et le support papier est le recyclage. Aujourd’hui, bien que notre consommation de papier augmente, nous avons fait beaucoup de progrès dans le recyclage de celui-ci. Alors que 75% des déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE) ne sont pas recyclés.

Conclusion

Ce serait faux de dire que le numérique signe la fin de l’ère du papier. Tout comme il est faux de croire que les technologies n’apportent aucun avantage pour l’environnement et la planète. Peut-être que la solution à nos problèmes environnementaux n’est pas de remplacer le numérique par le papier mais plutôt d’utiliser de façon responsable les deux supports qui s’offrent à nous : le papier et le numérique. Chacun apporte avec lui son lot d’avantages et d’inconvénients mais les deux ont un impact sur l’environnement. Et en connaissant les forces et les limites des deux, nous devrions pouvoir optimiser l’utilisation de chacun, et ainsi laisser une planète propre aux générations futures.